
Tandis que les fidèles de la
paroisse Sainte Thérèse de Calcutta de Ruziba, membres de la communauté
chrétienne de base dénommée «Sainte Rita», célébraient leur fête patronale, en
date du Dimanche 25 Mai 2025, ils ont préféré célébrer cette messe dominicale avec
les résidents du centre «Strong Bridge», un centre spécialisé dans l’accompagnement
par la désintoxication des personnes addictives aux drogues, situé au quartier
Nyabugete-2.
Pour les membres de la
communauté «Sainte Rita» des Ruziba, célébrer cette fête patronale avec les
résidents de ce centre c’est leur montrer ainsi leur solidarité et compassion, a
indiqué Monsieur Thaddée Kabura, représentant de cette communauté ecclésiale de
base, qui a rappelé à ces derniers qu’ils ne sont ni abandonnés ni oubliés.

Amener les jeunes à apprendre par témoignages les méfaits des drogues
L’objectif de cette visite était
également, selon Monsieur Thaddée Kabura, d’amener les jeunes de la communauté «Sainte
Rita» d’apprendre, à travers les témoignages des jeunes jadis addictifs aux
drogues (maintenant réhabilités) au centre «Strong Bridge».
Les membres de cette
communauté «Sainte Rita» étaient accompagnés de jeunes et de parents pour que
chacun écoute les différents témoignages et en tire leçon en réfléchissant sur
ce qu’il pourrait faire pour combattre la dépendance aux drogues, comme l’a poursuivi
le responsable de cette communauté, Thaddée Kabura.
Le responsable de la communauté
a indiqué que la présence des enfants visait à leur permettre de voir
concrètement auprès des jeunes jadis addictifs aux drogues, maintenant résidant
au centre «Strong Bridge» pour y subir un traitement médical et psychologique.
De ces derniers, les jeunes vivant
dans la communauté «Sainte Rita», ainsi que leurs parents pouvaient se rendre
compte des conséquences de la consommation de drogues. Ils ont ainsi pu écouter
les témoignages de jeunes tombés dans l’addiction.
Ceux-ci ont confié à leurs
visiteurs que quand ils commençaient à consommer ces drogues, ils pensaient que
c’était une simple distraction, un amusement, mais qu’avec le temps, une envie
irrépressible de continue à les consommer se développait en eux, devenant en
quelque sorte des prisonniers de l’envie de se droguer.
Que les parents vivant dans
cette communauté aient été également invités, Monsieur Thaddée Kabura a signalé
que c’était pour réfléchir sur ce qu’ils peuvent faire pour préserver leurs
enfants de ce mal, surtout que certains jeunes tombent dans la drogue à cause
d’un manque d’attention de la part de leurs parents. «Certains enfants se sentent
abandonnés alors que leurs parents sont pourtant présents», a-t-il signalé. Il
a appelé les parents à jouer pleinement leur rôle pour prévenir ce fléau.

Confier les jeunes à Sainte Rita
dans la prière
Les cérémonies ont débuté
par une messe célébrée sur place par le curé de la paroisse Ruziba, Père Pierre
Claver Gacumu, aucours de laquelle les jeunes de la communauté «Sainte Rita» ont
été confiés à Sainte Rita dans la prière.
Père Pierre Claver Gacumu a exhorté
les parents à prier pour leurs enfants mais aussi pour eux-mêmes, en s’inspirant
de Sainte Rita, afin qu’ils prennent conscience qu’ils livrent un combat
commun. «Dieu désire que les jeunes valorisent leur vie et deviennent des
personnes de valeur, pouvant ainsi contribuer positivement à leur pays et au
monde», a signalé Père Pierre Claver Gacumu.
Beaucoup de jeunes sombrent dans la drogue suite à un désespoir
Le Directeur du centre
«Strong Bridge», Monsieur Bonaventure Nkuriyingoma, affirme que beaucoup de
jeunes accueillis avaient sombré dans la drogue suite à un désespoir généré par
des conditions de vie difficiles dans lesquelles ils se retrouvaient avant de
se rendre dans ce centre.
Bonaventure Nkuriyingoma a
signalé notamment un manque d’encadrement familial suite à la perte des parents
(pour les orphelins) ou l’insouciance des parents (pour d’autres jeunes non-orphelins).
Il conseille vivement aux
parents de suivre de près leurs enfants même si souvent le temps leur fait défaut.
Il reconnaît qu’ils sont souvent bousculés par la recherche des moyens de faire
subvenir aux membres de leur famille, ce qui est compréhensif vu leur devoir primaire
de subvenir à leurs besoins matériels.
Mais il signale que cela ne
suffit pas: «les enfants ont également besoin de repères identitaires et de
valeurs morales transmises par leurs parents, surtout dans les premières années
de vie», a indiqué Directeur du centre «Strong Bridge», appelant des parents Ã
consacrer du temps à leurs enfants malgré leurs préoccupations indispensables.
Il leur rappelle que les
enfants sont un don précieux et irremplaçable de Dieu. Il les encourage Ã
passer du temps avec eux dès leur jeune âge, à les accompagner, les guider et servir
pour eux de bons exemples afin d’éviter qu’ils ne tombent dans le piège de la
drogue.

«Strong Bridge», un centre de désintoxication des addictifs aux
drogues
Le centre «Strong Bridge» est un centre spécialisé dans l’accompagnement, par la désintoxication, des personnes addictives aux drogues. Situé au quartier Nyabugete-2, ce centre dispose de deux sections: une pour les garçons et une autre pour les filles. Le Directeur de ce centre affirme avoir déjà contribué à la réhabilitation de nombreuses victimes de la drogue.
Certains de ces jeunes
sauvés des drogues ont pu tourner la page et sensibilisent à leur tour d'autres
jeunes sur les dangers de la toxicomanie. L’un d’eux a témoigné en ces mots: «On
croit que prendre des drogues c’un plaisir, mais en réalité ça ne dure qu’un
instant».
Il a ajouté: «commencer Ã
consommer des drogues, c’est comme prendre un charbon ardent avec un mouchoir:
ça commence doucement, puis cela empire jusqu’à vous emporter totalement par la
dépendance.» Il a lancé un appel vibrant à ceux qui consomment déjà des drogues
ou à ceux qui connaissent des consommateurs, pour qu’ils prennent au sérieux
les conseils qu’il leur donne, d’éviter ce terrain glissant.
Signalons que le centre «Strong Bridge» a déjà accueilli plus de 500 jeunes toxicomanes. Parmi eux,
plus de 140 ont été réintégrés dans leurs familles, selon les responsables du
centre. Le centre reçoit des jeunes dès l’âge de 14 ans pour les garçons et Ã
partir de 21 ans pour les filles.