
Le Pape Léon-XIV, dix mois après son élection, s'installe officiellement, ce 14 Mars 2026, dans ses appartements à l’intérieur du palais apostolique, où, à l’exception du Pape François, tous ses prédécesseurs ont résidé depuis le début du XXème siècle.
Pour renouer avec cette tradition, de très importants travaux ont été réalisés ces derniers mois aux deux derniers étages du palais des papes, un lieu chargé d'histoire dans lequel le pontife se serait aménagé un petit «monastère».
Dans un court communiqué, le bureau de presse du Saint-Siège a indiqué, ce samedi, que le Pape allait s'installer dans l'après-midi au palais apostolique «dans les espaces précédemment occupés par ses prédécesseurs». Le Saint-Siège précise qu'il y habitera avec «ses plus proches collaborateurs».

L’actuel palais apostolique a été bâti au XVème siècle
Si la présence d’une résidence papale au Vatican remonte au XIIème siècle, l’actuel palais apostolique a été bâti au XVe siècle, après le retour des papes d’Avignon et l’abandon du palais du Latran.
Néanmoins, ce palais a longtemps été éclipsé comme résidence papale par le palais du Quirinal, sur l’autre rive du Tibre – actuelle résidence du président de la République italienne.
En 1870, après la réunification italienne, le Pape Pie IX se réfugie au Vatican. Il faudra attendre le pontificat de Pie X pour que l’actuel palais apostolique soit occupé par les appartements pontificaux selon la configuration actuelle.
Des appartements en partie inoccupés depuis 2013
Le dernier pape à avoir résidé dans la partie privée des appartements est Benoît-XVI. Mgr Gänswein, qui fut son Secrétaire, avait décrit, dans un ouvrage paru en 2023, la vétusté des lieux lorsque Benoît XVI s’y était installé en 2005.
À l’époque, des travaux de deux mois et demi avaient déjà été nécessaires pour permettre au pape allemand d’y habiter. Sept ans plus tard, le Pape François avait surpris en décidant de ne pas s’installer dans le palais apostolique après avoir visité les appartements. Il avait expliqué ne pas s’être trouvé à l’aise face aux grands volumes des pièces, et craindre la solitude. Il avait alors choisi d’habiter dans une suite de la résidence Sainte-Marthe, située de l’autre côté de la basilique Saint-Pierre.
S’il venait travailler chaque matin au palais apostolique, Sainte-Marthe, où il est mort le 21 décembre, était devenue un centre névralgique du Saint-Siège pendant douze ans.
Certains ont vu dans le choix du pape argentin une rupture avec une conception «royale» de la papauté, considérant que François avait choisi un cadre de vie plus humble. Cette interprétation a néanmoins été remise en question par Mgr Gänswein, qui a assuré qu’il ne s’agissait «pas du tout d’une question d’économie, mais plutôt d’une question de psychologie personnelle». Il a expliqué en outre que l’entretien des appartements pontificaux du palais apostolique avait continué à être effectué, et était réalisé par des entreprises «qui préfèrent rester anonymes».
En signe de continuité, les appartements apostoliques ont été scellés pendant la période de Sede Vacante. Trois jours après son élection, le Pape Léon-XIV a officiellement enlevé les sceaux et indiqué son souhait d’y vivre.
Lu par Michel Nibitanga, CEDICOM