
Le Pape Léon-XIV a quitté, Lundi matin 13 Avril 2026, l’aéroport romain de Fiumicino pour son voyage apostolique, le plus long depuis le début de son pontificat, qui le conduisit en Algérie, sur les traces de saint Augustin, puis au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, onze jours au cours desquels il allait visiter une dizaine de villes, du 13 au 23 avril 2026.
Après
avoir quitté Rome à bord du vol papal, le Souverain pontife a été accueilli par
le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Il s'est recueilli devant le Maqam
Echahid, mémorial dédié aux martyrs algériens, adressant un message d'espérance
à un monde déchiré par les conflits.
Il
s'est ensuite rendu en privé au palais El Mouradia, où il a rencontré le chef
de l’État, avant de s'adresser aux autorités devant lesquelles il insisté sur
l'urgence d'un changement de cap face à la multiplication des conflits. Il a plaidé
pour la promotion du dialogue, une plus grande justice entre les peuples et un
exercice de l'autorité qui s'affranchisse de toute logique de domination.
Après
une visite à la Grande Mosquée d'Alger, le Pape a rencontré la communauté
algérienne à la basilique Notre-Dame d'Afrique, concluant ainsi sa première
journée sur le sol africain.

En Algérie, le Pape Léon-XIV a semé
des graines pour l'avenir
Ses
deux jours passés dans le pays du Maghreb ont permis aux Algériens de faire
connaître le successeur de Pierre au pays. Pour ce premier voyage de l’histoire
d’un Pape en terre algérienne, le Pape Léon-XIV a rejoint un peuple avide de le
rencontrer, et aura fait passer des messages d’unité, de concorde et
d’encouragement.
Pendant
48 heures, l’Algérie aura découvert pour la première fois ce qu’est un chef de
l’Église catholique, et qui est en particulier le Pape Léon-XIV, un homme venu
en pèlerin de paix dans ce pays à très grande majorité musulmane et dont il
aura salué à plusieurs reprises la culture de l’accueil et de l’hospitalité.
Dans
ses mots, le Pape a tendu la main, invitant à approfondir la culture de la
rencontre chère à François son prédécesseur. «Rencontrons-nous et essayons de
nous comprendre, en reconnaissant que nous formons une seule famille!»
lançait-il devant les autorités à Alger.

«La
paix soit avec vous», la devise de ce voyage, a fait écho à ses premiers mots
au balcon de la basilique Saint-Pierre il y a bientôt un an. Sur cette terre
d'islam, cette devise correspond au salut en arabe «Asalam aleikoum» et marque
d'emblée respect et considération.
Fils
de Saint-Augustin, le Pape a été un motif de fierté pour ce peuple algérien, et
de réconfort et d’encouragement pour la petite Église locale, une Église
africaine dont le visage a profondément changé en quelques décennies. Cette
étape algérienne aura été celle de la confirmation que l’Église catholique sur
place fait œuvre de concorde et de justice pour les plus vulnérables et qu’elle
est pleinement engagée dans le dialogue avec les musulmans.
À
Bab El Oued comme à Notre Dame d’Afrique, les chrétiens comme les musulmans ont
pu montrer qu’ils cheminaient main dans la main, encouragés en ce sens par le
Souverain pontife.
À
Annaba, sur les traces de son père spirituel saint Augustin, le Pape Léon-XIV
aura été invité à poursuivre son témoignage de l’Évangile et de continuer Ã
répandre son parfum, celui qui apporte «joie et réconfort» à tant de frères et
sœurs. Le Pape aura lancé à ces chrétiens algériens une exhortation à «renaître
d’en haut» et de faire des épreuves du passé, comme celle des martyrs, des
semences pour l’avenir.

Pour
l'Église algérienne, cette visite est une source dynamisante pour l'avenir.
«C'est après le départ du Pape que l'on va sentir que l'on construit quelque
chose ensemble, confie le père José Cantal, missionnaire d'Afrique qui vit Ã
Adrar, à 1500 kilomètres d'Alger. On est tellement dispersés que l'on a du mal
à se rencontrer» explique le religieux espagnol qui a fait 22 heures de bus
pour venir à la capitale. «Cette visite va changer les choses, on sera soudés
comme jamais» poursuit le père Cantal avec émotion.
Église
au visage africain, les catholiques vivant en Algérie ont économisé leurs
ressources et fait parfois fait des centaines de kilomètres pour vivre cette
rencontre avec le Pape. Pour nombre d'entre eux, jeunes étudiants dans les
universités algériennes, leur identité chrétienne est parfois vue avec suspicion
ou hostilité.
«J'espère
qu'après cette visite nous aurons plus de liberté pour nous exprimer et vivre
en harmonie avec les musulmans, car souvent quand vous dîtes que vous êtes
chrétien, on vous regarde en vous demandant "mais pourquoi n'êtes-vous pas
musulman?" C'est très inconfortable» explique Daphine Apio, qui étudie
dans la ville de M'Sila, dans le centre du pays.
La
visite de Léon XIV à la grande mosquée est sans doute l'image qui a le plus
frappé le cardinal Jean-Paul Vesco. «Voir le Pape et le recteur de la mosquée marcher
côte-à -côte en silence est une image extrêmement forte parce qu'elle ne va pas
de soi du tout» pour l’archevêque d'Alger. «Une visite d'un Pape est une
bénédiction, il a semé», s'enthousiasme avec confiance le cardinal dominicain.
Lu
par Michel Nibitanga, CEDICOM