
Du
13 au 23 Avril 2026, le Pape Léon-XIV a effectué un voyage apostolique majeur
en Afrique. Au terme de cette visite, ce Jeudi 23 Avril 2026, le Cardinal
Fridolin Ambongo, Président du SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique
et de Madagascar) et Archevêque métropolitain de Kinshasa, a dressé, dans
l'entretien qu'il a accordé aux médias du Vatican, le bilan du premier voyage
africain du Saint-Père Léon XIV qui a visité l'Algérie, le Cameroun, l'Angola
et la Guinée équatoriale.
Le
Président du SCEAM revient sur l’impression générale de cette visite, les
fruits attendus dans le contexte africain, le rapport Ă la politique et la
centralité de l’Eucharistie. Il souligne que le Souverain pontife est venu en
messager de paix et de justice dans un continent aux contrastes marqués.

Appel Ă la conscience des dirigeants
Le
choix des pays visités illustre la diversité des défis africains: le dialogue
interreligieux en Algérie, la quête de paix au Cameroun, et l'exigence d'une
meilleure répartition des richesses en Angola et en Guinée équatoriale.
Le
Cardinal Ambongo met l'accent sur le discours direct du Pape envers les
dirigeants dont il a tenté de «blesser» positivement les consciences politiques
pour les placer face à leur responsabilité globale, notamment pour freiner
l'exil des jeunes en créant des conditions de vie dignes localement.
Il
a indiqué qu’il est d'abord impressionné par le choix des pays: l'Algérie
d’abord, un pays musulman à plus de 90% où les chrétiens sont une minorité et
n'ont pas toujours la liberté de vivre leur foi ou même de la proposer leur foi
à d'autres. Ensuite le Cameroun, un pays qui éprouve quelques difficultés pour
la convivialité, le vivre-ensemble, en paix. Il y est allé en messager de paix.
Puis
viennent deux autres considérés en Afrique comme plutôt riches, l'Angola et la
Guinée équatoriale. Le message fort a été essentiellement celui de la justice
distributive, la bonne répartition de cette aubaine financière pour qu'aucun
fils ou qu'aucune fille de ces pays ne puisse se sentir exclu.
Le
message commun, c'est d'abord l'espérance qu'il a proposé aux jeunes et un
appel Ă la conscience des dirigeants pour qu'ils ne pensent pas seulement Ă
eux, mais qu'ils pensent Ă l'ensemble de leur peuple. Cet appel Ă la conscience,
quel que soit le pays où il est passé, ça résonnait assez fort.

Au niveau interne Ă
l'Église, insistance sur la place du Christ
Mais
au niveau interne à l'Église catholique, c'est cette insistance sur la place du
Christ dans la vie des fidèles. Le Pape a insisté sur l'Eucharistie. Ça
signifie que si on s’appelle catholique, on doit d'abord comprendre quelle est sa
vraie identité au milieu d'un monde dominé par des forces contraires avec
plusieurs confessions religieuses. On ne sait plus qui enseigne Jésus-Christ,
mais doit savoir qui on est, son identité.
Dans
ses multiples prises de parole, le Saint-Père s’est adressé à différentes
couches de la population, y compris aux gouvernants. Face aux nouveaux défis
que traversent les différents pays que le Pape a visités, le Cardinal Ambongo se
dit rester prudent parce que les politiciens, mĂŞme s'ils entendent le message
du Pape, même si ça leur plaît, des fois, il y a d'autres réalités qui
s'imposent à eux, qui ne sont pas nécessairement dans l'intérêt de leur
population.
«Mais
au moins le Pape a osé s'adresser à leur conscience au-delà de leurs intérêts
partisans; ils sont des ĂŞtres humains, ils ont une conscience humaine qui
fonctionne, et le Pape a voulu toucher la conscience de nos dirigeants en
Afrique face à leur responsabilité globale», a souligné le Cardinal Ambongo, se
réjouissant qu’au moins leur conscience a été interpellée, ce qui est déjà pour
lui un point positif.

Le «visage» que le Pape retient
de l'Église catholique africaine
Le
Pape a visité un continent, l'Afrique. Il a visité des Églises locales dans
quatre pays. À l'exception de l'Algérie, les trois autres pays sont remplis
d'une jeunesse chrétienne qui ne souhaite qu'une chose: qu'on lui offre des
opportunités pour construire son avenir.
Donc
le Pape est venu à la rencontre des Églises jeunes, dynamiques et qui sont
pleines d'espĂ©rance pour l'avenir, mais qui sont en mĂŞme temps confrontĂ©es Ă
des défis: la pauvreté, l'injustice, la mauvaise gouvernance. Et la venue du
Pape, justement, face à ces défis, est comme un coup de pouce pour tous ces
pays et ses populations. C'est donc un message d'encouragement dans un contexte
marqué par des grands défis.
Un mot de gratitude
Le
Cardinal Fridolin Ambongo remercie Sa Sainteté le Pape Léon XIV qui a voulu venir
ici avec un programme hyperchargé mais qu’il a tenu le coup. Son Éminence demande
aux fidèles catholiques Africains de saisir la balle au bond, de se montrer vraiment
des catholiques, des vrais catholiques, convaincus de la justesse de leur foi
et de vivre leur foi dans ce monde multipolaire, mais avec fierté d'être catholique.
Lu
par Michel Nibitanga, CEDICOM