
Le Jeudi 23 Avril 2026, Ã
l’Institut Philosophique Saint Curé d’Ars (IPSCA) de Bujumbura, a été organisé
une journée philosophique sous le thème
«les causes de la crise de la société actuelle».
Il a été développé en trois
sujets respectifs: «le péché originel de la modernité: l’homme contre l’humain»,
par M. l’Abbé J. Bosco Habarugira, «la perte de l’autorité» dans la crise de la
culture d’Hannah Arendt, animé par M. L’Abbé
Stanislas Kubwimana, et «la racine métaphysique de la crise de la
société contemporaine», par Monsieur l’Abbé Antoine Sabushatse.
Le Directeur de l’Institut Théologique Saint Curé d’Ars de Bujumbura, l’Abbé Jean Bosco Habarugira, a introduit les travaux de ce jour en manifestant l’espoir que la communauté académique du grand séminaire, devenue de plus en plus intellectuelle qu’au début de l’année, allait justement en profiter.

À
la racine de la crise: l’humain contre l’humain
Dans la première
conférence, l’Abbé Jean Bosco Habarugira a déployé le sens de la modernité et
mis en exergue les raisons de la crise de la modernité: «c'est un processus
historique et culture occidentale de plus en plus mondialisé au niveau de
l’économie et aussi globale au niveau de la culture», a signalé l’Abbé Jean
Bosco Habarugira, soulignant l’auteur du cogito
ergo sum, qu'est Descartes.
Pour le conférencier, la
modernité peut être caractérisée par la primauté de la raison sur la foi de
l’individualisme ou libéralisme et la totale confiance dans le progrès
technique et sociale.
«Alors,
la crise comme disfonctionnement ou rupture advient lorsque l’homme agit contre
l’humain. Et la causa causarum de la crise de la société est la crise
anthropologique», a-t-il précisé. Et cette crise, ou du mois «parmi
les causes de la dégradation des valeurs dans la modernité, figure le fait de
négliger ce qu’enseignait le christianisme, en reniant la transcendance (Dieu)»,
a-t-il ajouté.
Ici, l’Abbé Jean Bosco Habarugira
a expliqué ce christianisme a découvert: que l’homme est une personne humaine. «Comme
tertium quid (Saint Thomas d’Aquin),
l’homme est une grande réalité composée de l’âme spirituelle et du corps
matériel», a-t-il fait savoir. «Quand l’âme se sépare du corps, il y a une
dislocation, donc l’homme est mort», a-t-il renchéri.
Et de conclure alors que parmi
ces causes de la crise de la société actuelle, il y a l’absolutisation des
valeurs instrumentales, le relativisme de la vérité où chacun fait son
règlement moral, ce qui crée le désordre, et que la science et la technique
sont responsables de ce désordre introduit dans les relations humaines pour
avoir rendu l’homme incapable de vivre des valeurs authentiques.

Quid de l’autorité?
Dans la deuxième conférence
animée par M. l'Abbé Stanislas Kubwimana, professeur à l’Institut, il a fait
l’état des lieux du monde actuel rempli de tensions, de guerres, avec la
modernité qui érige l’homme à la place de Dieu. Il a ajouté qu’il apparaît
cependant que celui qui tient l’autorité détient aussi la capacité d’augmenter le
fondement de cette autorité.
Il a mis en exergue deux
points saillants: d’abord la peur de la perte de l’autorité et ses corolaires,
qui vont de pair avec la perte de la tradition. En effet, comme le conférencier
l’a souligné, ceux qui détiennent le pouvoir politique ont la tendance de
penser que l’exercice de l’autorité permet d’user de la violence comme mode de gouvernement légitime.
Comme la perte de
l’autorité va de pair aussi avec la perte de la tradition, celle-ci étant proche
de la fondation car elle permet de conserver les acquis du passé en même temps
que la révérence qu’on doit aux fondateurs, cette perte va de pair également avec
celle de la religion, ce qui se manifeste par le sécularisme. «Ainsi, en
laissant l’autorité se perdre, nous nous sommes privés d’un socle important
dans la vie», a-t-il fait remarquer.
Pour l'Abbé Stanislas Kubwimana,
le malaise social et politique est donc le fruit de cette perte de l’autorité,
et se séparer de Dieu finit dans l’abandon de l’autorité terrestre et c’est
dangereux de vivre là où manque l’autorité.

L’homme:
un-être-avec-autrui-dans-un-même-monde
Quant au troisième
conférencier, l’Abbé Antoine Sabushatse, il tachait à cibler la manière dont
l’homme vit sa relation avec le monde, sa genèse et l’interaction entre lui et
le monde.
Le conférencier a montré
qu’en réalité, les idéalités pré-géométriques ont amené l’homme au souci de se
perfectionner dans ses activités de tous les jours, ce qui l’a poussé aux
idéalités géométriques, c’est-à -dire passer de l’homme ordinaire à l’homme
scientifique, d’où les manifestations de la crise dans la société.
Ici, l’Abbé Antoine Sabushatse
a invité à faire un regard sur des changements de tous les jours, des
perturbations dans le monde physique comme des conflits, des violences
meurtrières, des guerres en Iran, en Israël, au Gaza, au Liban etc, et qu’au
niveau biologique, il se remarque la corruption, le désert ainsi que la
pollution des eaux, que tout cela trouve racine dans le développement extraordinaire
de la science moderne.
Citant Husserl selon lequel
«une mauvaise science est concomitante à la crise des valeurs», l’Abbé Antoine Sabushatse
a fait savoir que ces crises viennent de l’intellectualisme et qu’au niveau du
sens de la vie, il y a une crise qui se manifeste dans la résolution des
conflits uniquement en dépouillant les biens, la vie des personnes en violant
leur relation.
Pour ce conférencier, la
science moderne devient ainsi une caricature d’une véritable vie car à travers
la méditation de soi, nous dit Husserl, l’histoire obtient son début et sa fin.
Notons, enfin, qu’au terme
des exposés, le Directeur de l’Institut a manifesté sa satisfaction et
gratitude à l’égard des conférenciers. Il a montré qu’une telle activité
contribue à l’accroissement cognitif des auditeurs en général (éducateurs et
séminaristes) tant au niveau de la responsabilité que de la science.
Source: le site web de la
CECAB