
Le Ministère burundais des Affaires Étrangères, de l’Intégration Régionale et de la Coopération au Développement a animé, ce Jeudi 25 Juin 2025, une réunion d’échange avec les acteurs économiques du secteur privé et les artistes burundais sur «les opportunités de la diplomatie burundaise au service du développement». Cette rencontre s’est tenue dans la grande salle de ce Ministère, présidée par le Ministre, S.E Ambassadeur Édouard Bizimana.
Le Ministre, dans la présentation de son mot liminaire, a d'abord souligné que le développement ne peut pas être effectif sans l'implication du secteur privé, qu'il a estimé «le moteur du développement». Réitérant également l'expérience déjà faite avec le secteur privé (aujourd'hui la deuxième fois), il a indiqué que cette fois-ci le Ministère a voulu associer d'autres partenaires, à savoir des entrepreneurs, des commerçants, des hôteliers, des artistes, des influenceurs et autres.

Parmi les opportunités annoncées, le Ministre a tenu à sensibiliser la population burundaise à profiter de la Présidence de l'Union africaine dont la responsabilité continentale a été confiée aujourd'hui au Burundi, et que chacun est invité à apporter sa pierre à son édification. «Avec la Présidence de l'Union Africaine, nous avons beaucoup d'opportunités: des conférences organisées [...]; nous beaucoup de réunions qui vont se tenir au Burundi» a-t-il fait savoir.
En guise d'exemples d'opportunités, le Ministre a signalé une réunion des ministres de la défense qui va se tenir très récemment, un sommet sur l'éducation de la jeune fille et de la femme, un rendez-vous continental, un grand événement que le Burundi va organiser sur les questions de «jeunesse, paix et sécurité», un événement majeur où le pays va recevoir les jeunes de tout le continent (une audience de plus de 1200 personnes), sans compter des délégations accueillies, des Ministres.
S.E Ambassadeur Édouard Bizimana estime que ces événements pourraient intéresser notamment des hôteliers, des artistes, des influenceurs, la société civile et les médias. «C'est pour justement vous mettre au courant de ces échéances pour que vous puissiez, chacun en ce qui le concerne, tirer profit de cela», a-t-il martelé. Il a insisté que pour toutes ces activités que le pays organise, les gens puissent s'y investir en songeant à l'impératif de promouvoir de l'image positive du Burundi, dans les services que ces investisseurs vont offrir.
Il a réaffirmé l’engagement du Ministère à être constamment en contact avec les diplomates qui viennt au Burundi à travers notamment des mémorandums signés récemment au Maroc et des demandes similaires de la Turquie, de l'Angola et de bien d'autres pays. Il a dit qu'il reste aux burundais d'exploiter en retour à suffisance leur potentiel économique. «Nous avons fait notre part, faites aussi votre part», les a-t-il suppliés, demandant aux artistes et médias de porter leurs voix loin pour faire connaître le Burundi, ses sites touristique et des opportunités économiques dont il dispose.

Les participants à ces assises ont salué cette initiative. Le Secrétaire Général de la Chambre Fédérale du Commerce et d'Industrie du Burundi (CFCIB en sigle), Monsieur Denis Nshimirimana, a souhaité qu'il y ait une stratégie marketing du pays, et que le secteur privé trouve un cadre de concertation avec des ambassadeurs pour échanger sur les possibilités d'exposer les produits nationaux à l'étranger.
Le rang des hommes d'affaire a accueilli avec intérêt l'information du Ministre. Il n’a pas néanmoins manqué d'évoquer certains problèmes souvent rencontrés lors des voyages d'affaires, tels que des frets bloqués à l’étranger faute d'absence d'accords bilatéraux entre les pays. Ils ont sollicité la mise en place d'une diplomatie économique et commerciale soutenant effectivement les intérêts du pays.
Les artistes, visiblement majoritaire dans cette réunion, ont quant à eux, souligné le besoin d'une politique culturelle renforcée à l'intérieur pour pouvoir ensuite rayonner à l'extérieur. Pour Ngabo Léonce (chanteur et acteur emblématique international du cinéma et de l'audiovisuel burundais), «cela affecterait considérablement les œuvres des artistes burundais qui, jusqu'aujourd'hui, travaillent de façon isolée». Il demande l'encadrement des artistes, le développement d'une industrie culturelle et la loi du sponsoring qui encourage les privés à investir pour aider les artistes et les influenceurs à mieux déployer leurs ailes et être des messagers du pays.

Une semaine diplomatique est organisée à partir du Lundi 29 Juin 2026 pour faire le tour du pays avec le corps diplomatique résident et des représentants des pays accrédités au Burundi. Les visites viseront quelques sites touristiques, notamment l'usine de thé de Tora, la source du Nil et bien d’autres lieux. Le Ministre estime que ce tour leur permettra de découvrir la beauté du pays et les opportunités que ce pays offre, occasion aux acteurs locaux de montrer ce qu'ils font. Peut-être que ces visiteurs peuvent avoir besoin de constituer des correspondants parmi eux.
L'Église Catholique soutient le développement sous toutes ses formes, à condition qu’il soit humain et intégral (Encyclique Populorum Progressio, 1967). Une diplomatie qui encourage les nations à s'engager dans des opportunités qui favorisent l'épanouissement de tout l'homme et de tout homme, intégrant la dimension morale, culturelle et spirituelle de chaque individu et promouvant la justice, la solidarité et la dignité inaliénable de chaque personne, ne mérite qu’être soutenue.
Michel Nibitanga, CEDICOM