
Un
Congrès mondial de la conférence mondiale de l’Association Catholique pour la
communication (SIGNIS) s’est tenu dans la ville de Kigali au Rwanda. Cette conférence
organisée pour la première fois en Afrique a débuté ce Mardi 4 Août 2026 sur le
thème «La communication numérique au service de l’harmonie culturelle et du
bien-être environnemental».
Ce
congrès a réuni les communicateurs catholiques de plus de 40 pays répartis sur
les cinq continents, pour cet événement de six jours. À cette occasion, un message
du Pape Léon-XIV, signé par le Secrétaire du Saint-Siège, Cardinal Pietro Parolin, a été
lu par le Nonce Apostolique au Rwanda, Mgr Arnaldo Sanchez Catalan.

Le
Pape Léon-XIV encourage à promouvoir des stratégies et des outils de
communication inspirés par la recherche de la vérité et le respect de la
dignité humaine. «Votre travail contribuera à l’émergence d’une culture qui
reflète les valeurs évangéliques de communion, de paix et de gestion responsable
de l’environnement», soutient le Souverain pontife.
Dans
ce message, le Pape Léon XIV rappelle combien «notre époque est souvent
qualifiée d’ère numérique, car une grande partie de nos vies est régie par les
technologies numériques et Internet». En effet, dans l’encyclique Magnifica Humanitas, le Pape fait
comprendre que «la communication en ligne n’est pas simplement la transmission
d’informations», mais aussi «la création d’une culture, car elle a le pouvoir
de façonner la manière dont les personnes perçoivent le monde et influence
ainsi profondément la conscience collective».
Le
pape signale cependant qu’il espère que les délibérations des participants à ce
congrès contribueront à donner un nouvel élan pour que les plateformes de
communication favorisent le bien commun de la famille humaine.

Aussitôt
après la lecture du message du Pape Léon XIV, un message vidéo du Préfet du Dicastère
pour la Communication, a été diffusé dans la salle de l’hôtel Sainte Famille –
où se déroule l’événement. Paolo Ruffini s’est dit reconnaissant pour des
rencontres comme celle-ci organisée par SIGNIS, qui «rappellent ce que notre
monde numérique oublie souvent, que la communication ne commence pas par la
technologie, mais par les personnes».
Le
Préfet s’est particulièrement attardé sur ce point, en se référant Ã
l’actualité, à ces «temps difficiles» marqués par «les guerres, la
polarisation, la désinformation et une méfiance croissante», des temps
également où «nous disposons d’outils puissants» pour entrer en contact les uns
avec les autres.
«Pourtant,
une simple connexion numérique n’équivaut pas à une relation fondée sur la communion»,
a déclaré Paolo Ruffini, indiquant que «se regarder à travers un écran n’est
pas exactement la même chose que de se serrer la main et de sentir la chaleur
d’une présence».

Parallèlement
à une connexion croissante, a-t-il poursuivi, «on a en effet assisté à la
montée du "virus de l’isolement", de la fragmentation et de la fausse
intimité, façonnée par les algorithmes plutôt que par une véritable rencontre».
«Un "j'aime" numérique ne vaut pas un sourire en face à face», a
souligné le préfet. C’est pourquoi la mission des communicateurs catholiques,
appelés à instaurer la confiance et à démontrer qu’«une autre façon de
communiquer est possible», devient fondamentale.
Certes,
la technologie est indispensable et l’intelligence artificielle continuera Ã
transformer nos sociétés de manière extraordinaire. Mais au fond, une question
simple mais décisive se pose: «Quel genre d’êtres humains choisissons-nous de
devenir en l’utilisant?». «Cela dépend de nous», a affirmé Paolo Ruffini.
«L’I.A
sait calculer, elle sait organiser les informations, elle sait nous aider, elle
sait aussi imiter le langage, mais elle ne peut pas remplacer la vraie sagesse
qui naît de la liberté, de l’expérience personnelle, de la responsabilité et,
surtout, de l’amour. Alors, nous ne devons jamais laisser les algorithmes
écrire notre histoire. Nous en sommes et devons en rester les auteurs», a exhorté
le Préfet du Dicastère pour la Communication.
Le
Préfet du Dicastère pour la Communication encourage donc à «donner de la place
aux visages et aux voix humaines dans un monde de plus en plus numérique» car
la plus grande innovation à offrir aux sociétés ne sera pas «une machine plus
intelligente», mais «une manière plus humaine de communiquer».
Il
exprime son espoir que le SIGNIS peut jouer un rôle essentiel dans cette
mission en servant de lieu où s’établissent des relations de confiance, un
réseau de personnes, de professionnels partageant la même foi, une communauté où
puisse prendre forme «le rêve d’un écosystème de communication différent», où
les diversités se transforment en dialogue, où le désaccord ne détruit pas la
fraternité, un réseau toujours «au service de la vérité» et jamais au service
de la «maximisation des profits» ou du «simple consensus».
Lu
par Michel Nibitanga, CEDICOM