
En marge d’un colloque organisé ce Mercredi 16 Septembre 2026 à la Chambre des députés à Rome sur le thème «Foi et raison à l’ère de l’intelligence artificielle», le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Cardinal Pietro Parolin répondant aux questions des journalistes en marge du colloque, il s’est exprimé en faveur d’une responsabilité supranationale pour réglementer l’intelligence artificielle. «Ralentir, c’est pour l’avenir de l’humanité» a-t-il déclaré.
«Il faut s’arrêter
et réfléchir véritablement aux conséquences possibles de l’intelligence
artificielle et de son utilisation», mais aussi «réfléchir sérieusement aux
dangers que peut présenter l’intelligence artificielle», tel est l’appel lancé
par le cardinal Secrétaire d’État, Pietro Parolin, face aux défis posés par les
nouvelles technologies.
C’est précisément
sur l’Intelligence Artificielle, ses potentialités et les risques qu’elle
présente pour l’humanité et le bien commun, que s’est concentrée l’intervention
du Cardinal lors du colloque, tout comme ses réponses aux journalistes sur
l’actualité internationale, à commencer par la nécessité d’une autorégulation
exprimée par les géants de la tech eux-mêmes. «Nous espérons que c’est une
raison éthique qui motive ce genre de réflexions», a affirmé le cardinal
Parolin.
«Un phénomène
mondial nécessite la participation de tous», a-t-il rétorqué. «Ma crainte est
qu’il y ait, en réalité, des pays qui souhaitent faire cavalier seul», or,
«tout le monde doit s’impliquer pour définir des règles communes capables de
réguler véritablement ce phénomène». Son souhait est que tous «s’unissent pour
trouver des réponses, car il me semble que l’avenir de l’humanité est
véritablement en jeu ici».
Le cardinal a
longuement analysé la situation actuelle de l’intelligence artificielle,
«produit ultime et le plus abouti de la science, fleuron de la technique née de
la revendication d’autonomie et de liberté de l’homme». Il a affirmé qu’elle
«est paradoxalement en train de devenir la divinité qui phagocyte les espaces
de liberté et de capacité décisionnelle pour uniformiser l’homme et le
système».
En soi, l’IA «n’est
ni bonne ni mauvaise», mais elle impose des choix. Et l’encyclique du Pape Léon
XIV, Magnifica humanitas, sert de guide en ce sens: «Face à la puissance
technologique qui obéit davantage à des intérêts privés qu’au bien commun, le
Pape souligne précisément cet aspect: choisir entre construire la tour de Babel
ou reconstruire les murs de Jérusalem», a déclaré le cardinal Parolin. «Ce qui
est en jeu, c’est la défense de la personne humaine, de sa dignité, de sa
liberté et de son identité même», a-t-il conclu.
Lu par Michel
Nibitanga, CEDICOM